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Les six rôles d’une rédaction

Personne ne conteste qu’une rédaction a des rôles. Ce que personne ne fait, c’est de les écrire quelque part — alors on s’en remet aux personnes, et ça tient tant que les personnes sont là.

Les six rôles d’une rédaction, chacun avec ses droits.
Les six rôles d’une rédaction, chacun avec ses droits.

Les six rôles, et ce qu’ils font

La répartition ci-dessous est celle de la presse magazine française. Les intitulés varient — « rédacteur en chef » et « chef d’édition » se recouvrent souvent — mais les fonctions, elles, se retrouvent partout.

Les deux règles qu’on connaît sans jamais les écrire

On ne valide pas son propre texte. Le secrétaire de rédaction et le graphiste écrivent, mais ne signent pas l’acceptation de ce qu’ils ont écrit. Ce n’est pas de la défiance : c’est le principe du double regard, et il vaut aussi pour les meilleurs.

Chacun voit sa rémunération, et seulement la sienne. Ce qu’un pigiste touche ne regarde pas l’autre pigiste. La direction, elle, voit l’ensemble parce qu’elle paye.

Ces deux règles sont universellement admises et presque jamais formalisées. Elles tiennent parce que Marc sait qu’il ne doit pas valider ses propres papiers — c’est vrai tant que Marc est là, tant qu’il n’est pas pressé, et tant qu’il n’a pas été remplacé un jeudi soir de bouclage.

Le cas des petites rédactions : une personne, trois rôles

Dans un bulletin associatif, la même personne est souvent rédactrice en chef, secrétaire de rédaction et maquettiste. Faut-il alors renoncer à distinguer les rôles ? Non — mais il faut savoir ce qu’on perd.

Ce qu’on perd est précisément le double regard. Si la personne qui écrit est aussi celle qui valide, personne ne relit vraiment. La parade n’est pas technique : c’est de désigner un relecteur, même extérieur à la fabrication — un membre du bureau, un ancien du comité — dont le seul rôle est de valider ce qu’il n’a pas écrit.

L’autre écueil est inverse : la rédaction qui invente quinze rôles avec des droits fins. Au bout de trois numéros, quelqu’un est bloqué un dimanche soir, on lui donne « tous les droits pour dépanner », et plus personne ne les retire. Six rôles tiennent parce qu’ils sont assez peu nombreux pour qu’on s’en souvienne.

Ce qui se transmet, et ce qui se perd

Un rôle n’est pas seulement un droit : c’est une mémoire. Le secrétaire de rédaction sait que tel contributeur rend toujours en retard, que telle rubrique déborde de deux feuillets, que l’imprimeur ferme la première semaine d’août.

Cette mémoire-là ne se transmet dans aucun document de passation. Elle se reconstitue en revanche très vite quand les faits sont datés quelque part : qui a rendu quoi, quand, et ce qui a été refusé pour quel motif. C’est le seul argument sérieux en faveur d’un outil plutôt que d’un tableur — pas le confort, la continuité.

Écrire les rôles, ou les subir

Une règle que l’outil n’applique pas n’est pas une règle : c’est une habitude. Elle survit à la routine et meurt à la première urgence.

Formaliser ne veut pas dire alourdir. Six rôles suffisent, et deux interdits. Une rédaction qui invente quinze rôles avec des droits fins finit par tout donner à tout le monde parce que plus personne ne s’y retrouve.

Ce qu’EDANEL en fait

Dans EDANEL, les six rôles sont posés et les deux règles sont appliquées par l’application, pas par la mémoire de chacun : celui qui met en pages ne peut pas valider son propre texte, et la note de pige d’un autre est refusée.

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